mercredi 21 janvier 2009

Peanuts

Vous connaissez les Peanuts ? Probablement. En effet qui n'a jamais rencontré, même rapidement, Charlie Brown et son chien philosophe, Snoopy ? Vous savez, celui qui passe une grande partie de sa vie allongé sur le toit de sa niche ?  Ils sont toute une bande de gamins, liés les uns aux autres soit par des liens familiaux, (Linus et sa sœur Lucy, Charlie Brown et sa sœur Sally) des liens de voisinage ( Violette, Lucy, Charlie Brown, Linus)  des liens amoureux (Lucy aime désespérément Schrœder, Linus aime Sally). Ils ont chacun une caractéristique qui nous renvoie à nous-mêmes. Charlie Brown, lamentable capitaine de l'équipe de base-ball, est la risée systématique des filles et souffre de n'être aimé de personne. Seul Linus le fréquente de près. Heureusement qu'il a son chien Snoopy, mais même ce dernier le trahit parfois ! Schrœder est un fou de Beethoven. Il célèbre l'anniversaire de sa naissance comme d'autres fêtent le leur. Cette passion rend Lucy folle de jalousie. Linus n'arrive pas à vivre sans sa vieille couverture qu'il suce en  même temps que son pouce. Elle est sa force, sa sécurité, son addiction comme on dit aujourd'hui. Lucy, le tyran en jupon, se mêle de la vie de tous et s'autoproclame psychiatre à 5 cents la séance. Ses consultations en disent long sur l'efficacité que Schulz prête à la profession.  Mais je vais m'arrêter là. J'ai découvert les Peanuts lorsque j'étais fille au pair en Angleterre et j'ai tout de suite aimé ces personnages qui parlaient de moi, de nous. Mes enfants m'ont offert un des tomes de l'intégrale pour Noël. Je l'ai lu avec délice, le savourant comme je savoure un bon vin. Vincent a dévoré le livre et est devenu un inconditionnel de Charlie Brown et sa bande. Alors, si vous ne les avez jamais fréquentés, n'hésitez plus, courez vous procurer cette œuvre ! 

lundi 19 janvier 2009

J'ai vu un petit reportage sur le troc. Des femmes se réunissent et échangent leurs vêtements. Pourquoi pas ? Je me suis dit qu'on pourrait faire la même chose avec nos caractères. Non, je ne propose pas de troquer mon caractère contre un autre ! Ce serait trop dépaysant pour l'entourage. Mais pourquoi ne pas passer une petite annonce : Echange tendance excessive à la gentillesse contre art de la répartie ?  Jalouse maladive souhaiterait échanger  cette pièce de sa  garde-robe intérieure contre un sac d'indulgence. Homme colérique troquerait volontiers son caractère primaire contre un verre de sang-froid. Panier percé à échanger contre cordons de bourse. Cela ne donnerait pas de grands bouleversements, mais de même que l'on peut échanger des bottes contre un blouson, on pourrait surprendre notre entourage en lui proposant des réactions inédites à une situation ancienne. On changerait de peau. Certes l'expérience ne serait pas à renouveler trop souvent, car l'instabilité nous guetterait. Mais un petit troc de temps à autre briserait la monotonie de nos vies. Ce serait comme un peu de fard à paupières pour masquer les cernes sous les yeux. Et rien ne nous empêcherait de récupérer nos vieilles tendances si l'on regrettait les nouvelles. 

dimanche 18 janvier 2009

Syngué Sabour,

Clotilde m'a offert le dernier prix Goncourt. Syngué Sabour. Ce qui signifie Pierre de patience. En général, je me méfie un peu des prix. J'attends souvent pour les lire qu'ils ne soient plus un prix à la lecture incontournable, mais seulement une œuvre que j'aurai envie de lire parce que la couverture, le titre, une ou deux lignes lues m'auront donné envie d'aller plus loin. Cette fois-ci, j'ai dérogé à ma règle parce que l'auteur étaient afghan, que son livre parlait des femmes et de leurs terribles conditions de vie. J'avais encore en mémoire Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini ou Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra qui m'avaient tous deux bouleversée. 
Me voici donc recevant avec un bonheur gourmand le livre de Rahimi. C'est un bon livre, bien écrit, avec sobriété, une certaine rudesse. Une femme veille son époux, un taliban, qui a reçu une balle dans la nuque au cours d'une rixe sordide. Avec constance elle change la poche de glucose qui alimente le blessé. Ce dernier est vivant, mais sans vie. Paralysé. Ses yeux sont vitreux. Il ne réagit à rien. Elle lui parle. Un long monologue, interrompu de temps à autre par des événements dramatiques durant lesquels la femme prend de plus en plus conscience de sa vulnérabilité. Ce monologue au contenu tout d'abord assez conventionnel, devient peu à peu l'occasion pour la femme de déverser ses souffrances de femme mariée à ce mari qui n'a jamais su lui donner la moindre tendresse. Au fil des jours elle évoque tous les secrets de sa vie, jusqu'à celui qui concerne l'identité du véritable père de ses enfants. Elle appelle son mari ma syngué sabour, c'est-à-dire ma pierre de patience. Selon la légende , une syngué sabour est une pierre à laquelle on confie tous ses malheurs. Le jour où elle explose, c'est que l'œuvre de guérison est achevée. J'ai refermé le livre sans avoir totalement compris la fin. En réfléchissant à cette lecture, je me suis dit que je n'étais pas parvenue à m'attacher vraiment à cette femme, à son destin. Est-ce l'écriture ? Des descriptions qui font penser à des didascalies de théâtre ? Ou à l'écriture d'un scénario ? Une écriture où l'on sent l'exercice de style ? Est-ce l'absence d' une certaine forme de poésie ?  Je ne sais pas. Je me dis juste que j'oublierai probablement ce livre,et j'en suis triste. Mais je me trompe peut-être. Qui sait si cette lecture ne se bonifiera pas, comme le bon vin ? Je verrai cela dans quelques années. 

samedi 17 janvier 2009

Soldes

Je ne suis pas une enragée des soldes, simplement je me dis que si quelques bonnes affaires s'offrent à moi, je serais sotte de ne pas en profiter. Cependant il me faut du calme. Lorsque j'apprends que des femmes peuvent se transformer en furie pour un bout de chiffon, je frémis. J'apprécie d'améliorer ma garde-robe, mais tout de même !!!! De ce fait je choisis les jours où beaucoup de gens travaillent, où les rues et les magasins sont fréquentés de façon supportable. Peu d'attente aux cabines d'essayage, des vendeuses aimables dans l'ensemble, des coreligionnaires des soldes pacifiques. Hier, en plus, il faisait beau, ni trop froid ni trop humide et l'aprés-midi s'est déroulée de façon très agréable. Ma sœur et moi sommes reparties satisfaites mais pas repues,  avec un sac plein des trouvailles du jour. Vous dirais-je que ce genre d'activité me passionne ? Ce serait exagérer. Je préfère fouiner dans une librairie, aller au cinéma ou me promener dans ma ville, le nez en l'air pour découvrir les merveilles qu'elle tapie au coin d'une rue, en haut d'une maison, au bout d'une impasse, ou participer à une randonnée dans les environs. 

vendredi 16 janvier 2009

Escapade

Hier j'ai repris la randonnée. Ciel bleu, pas de vent, fond de l'air froid. Nous avons crapahuté un peu plus de  deux heures dans la garrigue autour d'un petit village appelé Saze, dans le Gard. Des parfums  se dégageaient des buissons et des touffes de thym ou de serpolet. Parfums âcres du cœur de l'hiver. Les oiseaux ne se sont pas montrés. 
Le long des fossés des plaques de neige refusaient de fondre. Ce n'était pas une promenade monotone. Nous avons grimpé de petites collines, descendu des pentes escarpées, marché dans des chemins creux et extrêmement étroits. Bref, nous avons débarrassé nos corps des excès des fêtes de fin d'année. Nous avons fini le parcours par une halte chez une femme du groupe pour déguster un vin chaud à la cannelle. Etape sympathique chez ce couple qui fume lui-même son saumon et ses salaisons dans un fumoir construit à cet effet.  Nous avons ensuite rejoint nos voitures en visitant le village aux recoins pittoresques. Après-midi agréable où j'ai repris goût à ces escapades hebdomadaires. 

jeudi 15 janvier 2009

Sibylle

C'est un prénom qui résonne comme une pluie légère sur le jasmin en fleur. Léger, frais. Il annonce l'envie de rire et de chanter. La petite fossette qui se creuse sous la joue gauche confirme cette impression. Sibylle, libellule, hirondelle, coiffée de ses épis de soie, elle ouvre sur le monde des yeux bleu gris en amande. Sa petite bouche s'exerce à sourire et à prononcer de curieux areuh. Elle veut nous dire tant de choses, elle désire connaître toute la beauté que ses yeux encore imparfaits soupçonnent. Elle dort, épanouie, paisible dans son cocon de laine. Elle devine combien sa présence nous ravit. Elle se nourrit de tous ces amours qui la rassurent et la construisent.   
"Lorsque l'enfant paraît,
Le cercle de famille applaudit à grands cris. " 
Victor Hugo.

mercredi 14 janvier 2009

Randonneuse

Demain, je dois secouer ma vieille peau et me décider à retourner marcher. Depuis le mois de septembre je me suis découvert une vocation de randonneuse. J'ai acheté des chaussures, des bâtons, une belle polaire rouge, bref l'équipement de la parfaite sportive. Sauf que moi, sportive, je ne le suis point. Faute de beau temps, voici un mois que je n'ai fait aucune randonnée. Les fêtes, les chocolats et le bon vin sont passés par-là, et ma motivation s'en est trouvée toute affaiblie. Je la soupçonne d'avoir la grippe. Je regarde le ciel, je vois filer les nuages à la vitesse du mistral et j'entends ma vieille peau me murmurer : " Reste au chaud, il fait si bon au coin du poêle. "
Mais mes capitons se révoltent, ils crient au scandale, à l'abus de pouvoir. Ils n'en peuvent plus de s'être enrobés durant les excès de Noël. Mes Jeans craignent pour leurs coutures et  mon ventre plat refuse de n'être bientôt plus qu'une légende. Alors, c'est décidé ! Demain je me vêtirai en chaperon rouge, je chausserai mes belles pompes et roule, petit bolide, j'irai au point de rendez-vous pour que se meuvent mes petites quilles !