Me voici donc recevant avec un bonheur gourmand le livre de Rahimi. C'est un bon livre, bien écrit, avec sobriété, une certaine rudesse. Une femme veille son époux, un taliban, qui a reçu une balle dans la nuque au cours d'une rixe sordide. Avec constance elle change la poche de glucose qui alimente le blessé. Ce dernier est vivant, mais sans vie. Paralysé. Ses yeux sont vitreux. Il ne réagit à rien. Elle lui parle. Un long monologue, interrompu de temps à autre par des événements dramatiques durant lesquels la femme prend de plus en plus conscience de sa vulnérabilité. Ce monologue au contenu tout d'abord assez conventionnel, devient peu à peu l'occasion pour la femme de déverser ses souffrances de femme mariée à ce mari qui n'a jamais su lui donner la moindre tendresse. Au fil des jours elle évoque tous les secrets de sa vie, jusqu'à celui qui concerne l'identité du véritable père de ses enfants. Elle appelle son mari ma syngué sabour, c'est-à-dire ma pierre de patience. Selon la légende , une syngué sabour est une pierre à laquelle on confie tous ses malheurs. Le jour où elle explose, c'est que l'œuvre de guérison est achevée. J'ai refermé le livre sans avoir totalement compris la fin. En réfléchissant à cette lecture, je me suis dit que je n'étais pas parvenue à m'attacher vraiment à cette femme, à son destin. Est-ce l'écriture ? Des descriptions qui font penser à des didascalies de théâtre ? Ou à l'écriture d'un scénario ? Une écriture où l'on sent l'exercice de style ? Est-ce l'absence d' une certaine forme de poésie ? Je ne sais pas. Je me dis juste que j'oublierai probablement ce livre,et j'en suis triste. Mais je me trompe peut-être. Qui sait si cette lecture ne se bonifiera pas, comme le bon vin ? Je verrai cela dans quelques années.
dimanche 18 janvier 2009
Syngué Sabour,
Clotilde m'a offert le dernier prix Goncourt. Syngué Sabour. Ce qui signifie Pierre de patience. En général, je me méfie un peu des prix. J'attends souvent pour les lire qu'ils ne soient plus un prix à la lecture incontournable, mais seulement une œuvre que j'aurai envie de lire parce que la couverture, le titre, une ou deux lignes lues m'auront donné envie d'aller plus loin. Cette fois-ci, j'ai dérogé à ma règle parce que l'auteur étaient afghan, que son livre parlait des femmes et de leurs terribles conditions de vie. J'avais encore en mémoire Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini ou Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra qui m'avaient tous deux bouleversée.
samedi 17 janvier 2009
Soldes
Je ne suis pas une enragée des soldes, simplement je me dis que si quelques bonnes affaires s'offrent à moi, je serais sotte de ne pas en profiter. Cependant il me faut du calme. Lorsque j'apprends que des femmes peuvent se transformer en furie pour un bout de chiffon, je frémis. J'apprécie d'améliorer ma garde-robe, mais tout de même !!!! De ce fait je choisis les jours où beaucoup de gens travaillent, où les rues et les magasins sont fréquentés de façon supportable. Peu d'attente aux cabines d'essayage, des vendeuses aimables dans l'ensemble, des coreligionnaires des soldes pacifiques. Hier, en plus, il faisait beau, ni trop froid ni trop humide et l'aprés-midi s'est déroulée de façon très agréable. Ma sœur et moi sommes reparties satisfaites mais pas repues, avec un sac plein des trouvailles du jour. Vous dirais-je que ce genre d'activité me passionne ? Ce serait exagérer. Je préfère fouiner dans une librairie, aller au cinéma ou me promener dans ma ville, le nez en l'air pour découvrir les merveilles qu'elle tapie au coin d'une rue, en haut d'une maison, au bout d'une impasse, ou participer à une randonnée dans les environs.
vendredi 16 janvier 2009
Escapade
Hier j'ai repris la randonnée. Ciel bleu, pas de vent, fond de l'air froid. Nous avons crapahuté un peu plus de deux heures dans la garrigue autour d'un petit village appelé Saze, dans le Gard. Des parfums se dégageaient des buissons et des touffes de thym ou de serpolet. Parfums âcres du cœur de l'hiver. Les oiseaux ne se sont pas montrés.
Le long des fossés des plaques de neige refusaient de fondre. Ce n'était pas une promenade monotone. Nous avons grimpé de petites collines, descendu des pentes escarpées, marché dans des chemins creux et extrêmement étroits. Bref, nous avons débarrassé nos corps des excès des fêtes de fin d'année. Nous avons fini le parcours par une halte chez une femme du groupe pour déguster un vin chaud à la cannelle. Etape sympathique chez ce couple qui fume lui-même son saumon et ses salaisons dans un fumoir construit à cet effet. Nous avons ensuite rejoint nos voitures en visitant le village aux recoins pittoresques. Après-midi agréable où j'ai repris goût à ces escapades hebdomadaires.
jeudi 15 janvier 2009
Sibylle
C'est un prénom qui résonne comme une pluie légère sur le jasmin en fleur. Léger, frais. Il annonce l'envie de rire et de chanter. La petite fossette qui se creuse sous la joue gauche confirme cette impression. Sibylle, libellule, hirondelle, coiffée de ses épis de soie, elle ouvre sur le monde des yeux bleu gris en amande. Sa petite bouche s'exerce à sourire et à prononcer de curieux areuh. Elle veut nous dire tant de choses, elle désire connaître toute la beauté que ses yeux encore imparfaits soupçonnent. Elle dort, épanouie, paisible dans son cocon de laine. Elle devine combien sa présence nous ravit. Elle se nourrit de tous ces amours qui la rassurent et la construisent.
"Lorsque l'enfant paraît,
Le cercle de famille applaudit à grands cris. "
Victor Hugo.
mercredi 14 janvier 2009
Randonneuse
Demain, je dois secouer ma vieille peau et me décider à retourner marcher. Depuis le mois de septembre je me suis découvert une vocation de randonneuse. J'ai acheté des chaussures, des bâtons, une belle polaire rouge, bref l'équipement de la parfaite sportive. Sauf que moi, sportive, je ne le suis point. Faute de beau temps, voici un mois que je n'ai fait aucune randonnée. Les fêtes, les chocolats et le bon vin sont passés par-là, et ma motivation s'en est trouvée toute affaiblie. Je la soupçonne d'avoir la grippe. Je regarde le ciel, je vois filer les nuages à la vitesse du mistral et j'entends ma vieille peau me murmurer : " Reste au chaud, il fait si bon au coin du poêle. "
Mais mes capitons se révoltent, ils crient au scandale, à l'abus de pouvoir. Ils n'en peuvent plus de s'être enrobés durant les excès de Noël. Mes Jeans craignent pour leurs coutures et mon ventre plat refuse de n'être bientôt plus qu'une légende. Alors, c'est décidé ! Demain je me vêtirai en chaperon rouge, je chausserai mes belles pompes et roule, petit bolide, j'irai au point de rendez-vous pour que se meuvent mes petites quilles !
jeudi 2 octobre 2008
Jour de marché
Ce matin je suis allée au marché. Tôt. L'air était vif et mes doigts un peu gourds. J'aime ce lieu. Les bavardages avec les marchands, les recettes que l'on échange, les couleurs et les effluves divers. Installé au pied du fort Saint André, il déploie ses étals le long de la route. Les tissus bariolés, les poteries, les fleurs, les bazars, les légumes se mêlent avec fantaisie, au hasard. J'ai acheté des tomates, des cœurs de bœuf, rondelettes et bien rouges. J'ai choisi de beaux melons. Depuis juin je n'en ai pas mangé un seul mauvais. Enfin j'ai pris de belles poires williams d'un rouge profond. Je ferai un crumble ! Je suis repartie riche des sourires et de la bonne humeur de ceux que j'ai croisés.
mercredi 1 octobre 2008
Squirrel
La branche de l'amandier a sursauté, s'est balancée. De ma fenêtre je ne voyais que ce mouvement agité. Soudain, je l'ai aperçu, avec sa queue en panache, son museau pointu, sa couleur de châtaigne. L'écureuil prenait son petit déjeuner. Rapidement, avec une concentration extrême il grignotait une amande. Il ne me voyait pas, ne se préoccupait pas de moi, tout absorbé qu'il était par sa tâche. J'ai voulu m'approcher, j'ai bougé, à peine. Pfft ! il est parti. En quelques secondes il a rejoint le sommet des grands pins. Là-haut, les pies noiraudes le guettaient, l'œil mauvais.
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